Adieu Lincoln : Les États-Unis Arrêtent la Frappe du "Penny" Après Plus de 230 Ans pour Cesser un "Gaspillage" Annuel de 56 Millions de Dollars
- Next News
- 13 nov. 2025
- 3 min de lecture
Les États-Unis se préparent à tourner une page historique de plus de 230 ans avec l'annonce de l'arrêt de la frappe de la pièce de monnaie "penny" (un centime). L'Hôtel des Monnaies de Philadelphie doit émettre la dernière série de cette pièce mercredi, mettant fin à la production d'une monnaie qui a débuté en 1793.

La décision, annoncée pour la première fois par le Président Donald Trump en février dans le cadre d'un effort de lutte contre le gaspillage, vise principalement à réaliser d'énormes économies financières. Trump avait alors clairement exprimé son intention, déclarant : "Nous voulons éradiquer le gaspillage du budget de notre grande nation, même si c'est un penny à la fois."
Calculs des Coûts et Économies
La raison économique derrière l'arrêt de la frappe du penny est simple et directe : le coût de production dépasse considérablement la valeur nominale de la pièce. Selon le Département du Trésor, le penny – qui porte l'image du Président de la Guerre Civile Abraham Lincoln et est fabriqué en zinc plaqué cuivre – coûte actuellement environ quatre cents par pièce à produire, soit plus du double du coût d'il y a dix ans.
Le Département du Trésor estime que l'arrêt de la frappe de cette pièce permettra d'économiser au gouvernement environ 56 millions de dollars par an.
Les responsables soulignent que la montée des transactions électroniques a rendu le penny de moins en moins utile. Bien qu'environ 300 milliards de pennies resteront en circulation, ce nombre est "bien supérieur à ce qui est nécessaire pour les transactions commerciales". Des analyses gouvernementales de 2022 indiquent qu'environ 60 % de toutes les pièces en circulation (l'équivalent de 60 à 90 dollars par foyer) restent stockées dans les maisons, dans des tirelires ou des contenants, car elles sont jugées "pas assez utiles" pour être échangées ou utilisées.
Impact sur les Consommateurs et l'Avertissement sur l'Arrondi
Malgré les économies réalisées par le gouvernement, l'élimination progressive du penny a déjà incité les entreprises à ajuster les prix en les arrondissant au centime le plus proche de cinq. Les analystes prévoient que cette tendance pourrait entraîner une augmentation du coût des achats pour les consommateurs.
Une étude menée par des chercheurs de la Banque de la Réserve Fédérale de Richmond a averti que cet arrondi pourrait coûter aux consommateurs environ six millions de dollars par an.
Expériences Internationales et le Regard Tourné vers le "Nickel"
Les États-Unis suivent ainsi les traces d'autres pays qui ont abandonné leurs pièces de faible valeur, notamment :
Le Canada : a produit sa dernière série de pièces d'un centime en 2012.
L'Australie et la Nouvelle-Zélande : les pièces d'un et deux cents ont été retirées dans les années 1990, et la Nouvelle-Zélande a cessé la production des pièces de cinq cents en 2006.
Le Royaume-Uni : a retiré un plan visant à éliminer la pièce d'un penny en 2018, mais a cessé toute production de pièces en 2024 après que les responsables aient conclu qu'il y en avait suffisamment en circulation en raison de l'augmentation des transactions électroniques.
Alors que le penny quitte la scène, l'attention se porte désormais sur la prochaine pièce confrontée à un sort similaire : le nickel (pièce de cinq cents). Cette pièce coûte actuellement environ 14 cents à produire, soit près de trois fois sa valeur nominale ! Le retrait du nickel devrait avoir un impact économique beaucoup plus important, coûtant potentiellement aux consommateurs environ 55 millions de dollars par an, selon la même étude de la Réserve Fédérale.









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