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Conséquences Dangereuses : Scénarios pour l'Iran face aux Sanctions Internationales – Escalade Nucléaire et Isolement Économique

Le rétablissement des sanctions internationales globales contre l'Iran, une décennie après leur levée en vertu de l'Accord Nucléaire de 2015, soulève des questions cruciales sur la voie que prendra Téhéran pour contrer ce qu'il considère comme une "mesure injuste et illégale". L'Iran semble pris entre la menace de contre-mesures et la volonté de maintenir les portes de la diplomatie ouvertes, une équation complexe où les pressions externes se mêlent aux calculs internes, notamment au milieu des accusations occidentales croissantes d'escalade nucléaire et de non-respect de ses engagements internationaux.

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Rejet Interne et Options Limitées:


La décision de rétablir les sanctions a été accueillie par une vague de rejet sévère en Iran. Le Président Masoud Pezeshkian l'a qualifiée d'"injuste et inéquitable", la considérant comme un nouveau coup porté à l'accord nucléaire. En revanche, le Président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf, a mis en garde contre les contre-mesures mais a affirmé que "la diplomatie restera toujours sur la table".

Des analystes et spécialistes des affaires iraniennes estiment que les options de Téhéran pour faire face aux sanctions internationales, après l'activation du mécanisme "snapback" par la Troïka européenne (Royaume-Uni, France et Allemagne) au sein du Conseil de Sécurité de l'ONU, sont extrêmement limitées. Les experts soulignent que le pari sur le soutien de Moscou et de Pékin ne sera pas aussi efficace qu'auparavant, compte tenu de l'enlisement des accords stratégiques et de la baisse des ventes de pétrole iranien, même vers le marché chinois, exposant l'Iran à un risque accru d'isolement et de crises internes.


Activation des Sanctions Internationales et Détails:


L'Organisation des Nations Unies a confirmé la réactivation des sanctions imposées à l'Iran, comprenant un large embargo économique et militaire. La démarche européenne a inclus le gel des avoirs de la Banque Centrale d'Iran et de plusieurs autres banques, l'interdiction de voyager pour des responsables de haut niveau, ainsi que des restrictions sur l'exportation de pétrole, d'or et de certains équipements navals. Surtout, l'interdiction des armes et les sanctions liées au programme nucléaire ont été rétablies, y compris l'interdiction de l'enrichissement et du retraitement de l'uranium, la restriction des activités liées aux missiles balistiques, et l'interdiction du transfert de technologie et de soutien technique y afférent.


Le Scénario d'Escalade Nucléaire Privilégié:


Ali Vaez, Directeur du programme Iran au Groupe de Crise International, depuis Genève, estime que la voie la plus probable pour l'Iran est d'"entrer dans un long processus de réduction progressive de ses engagements au titre du Traité de Non-Prolifération (TNP), allant peut-être jusqu'à son retrait formel". Vaez note que l'Iran a déjà pratiquement suspendu les inspections de l'Agence Internationale de l'Énergie Atomique (AIEA) depuis la guerre de juin. Il avertit que si Téhéran commençait à réactiver des parties de son programme sans inspecteurs sur le terrain, la possibilité de frappes supplémentaires contre elle est non négligeable.

Concernant le rôle des alliés traditionnels, Vaez a affirmé que Moscou et Pékin peuvent fournir à l'Iran une "bouée de sauvetage" permettant à son économie de survivre, mais qu'ils n'iront pas jusqu'à permettre à cette économie de prospérer. Il a conclu que "l'escalade est le scénario le plus probable" compte tenu du manque de volonté de Téhéran et de Washington d'assouplir leurs "lignes rouges", et de la préparation d'Israël à "affaiblir davantage l'Iran".


Aggravation de la Crise Interne et Isolement Économique:


De Londres, Wijdan Abdul Rahman, chercheur spécialisé dans les affaires iraniennes, souligne que Téhéran "n'a pratiquement aucune option pour contrer les sanctions imposées," car la question est passée d'une simple pression occidentale à des sanctions internationales globales obligeant tous les États membres de l'ONU à les appliquer.

Abdul Rahman indique que l'économie iranienne "traverse une phase d'effondrement accéléré," avec une dévaluation continue de la monnaie locale, une hausse incontrôlable des prix alimentaires et une perte de contrôle sur les leviers économiques internes. Le pari sur la Chine et la Russie s'est également avéré inefficace; les accords stratégiques à long terme (comme l'accord de 25 ans avec Pékin et celui de 20 ans avec Moscou) n'ont pas été mis en œuvre en raison des restrictions américaines. De plus, les exportations de pétrole iranien ont fortement chuté, passant d'environ 1,8 million de barils par jour début 2024 à environ 1,2 million de barils par jour en janvier 2025, alors que certains ports chinois refusent de l'accueillir.

Abdul Rahman estime que les chances de règlement avec l'Occident sont "pratiquement nulles" compte tenu de l'énorme fossé, ce qui signifie que l'Iran se dirige vers plus d'isolement et d'effondrement économique. Il prévient que ces sanctions exacerberont les crises bancaires, portuaires, pétrolières et gazières, ainsi que les inspections maritimes, entraînant des pressions internes plus profondes se traduisant par des coupures d'électricité et de gaz, des faillites d'entreprises et une hausse du chômage, ce qui pourrait potentiellement mener à une "explosion interne".


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