Fadel Shaker se Rend à l'Armée Libanaise Après une Décennie d'Absence : Une Vague de Controverse Entre Justification et Responsabilité
- Next News
- 5 oct. 2025
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Le chanteur libanais Fadel Shaker a déclenché une vague de controverse dans les cercles libanais et arabes après s'être rendu hier, samedi, à l'Armée libanaise, mettant fin à plus d'une décennie de clandestinité passée à l'intérieur du camp de réfugiés palestiniens d'Aïn al-Héloué.

Selon des témoins oculaires cités par Reuters, Shaker « a marché du camp d'Aïn al-Héloué vers un poste de contrôle de l'armée près d'Al-Husba à Saïda. Il était détendu, calme, et parlait avec optimisme à ses amis ». Trois officiers de l'Armée libanaise l'ont pris en charge en vue d'un interrogatoire ultérieur.
Une Affaire de Retour au Devant de la Scène Malgré une Activité Artistique Continue
Cette reddition remet l'affaire Shaker au premier plan médiatique et politique, d'autant plus qu'il n'a jamais cessé son activité artistique pendant ses années de refuge dans le camp, sortant plusieurs chansons qui ont eu un large écho auprès de son public, dont récemment « Kifak Aafraqi » et « Ahla Rasma ». Le hashtag #Fadel_Shaker a dominé les plateformes de médias sociaux, les réactions variant entre partisans qui voient dans sa démarche un courage et une audace pour affronter la justice, et opposants qui la considèrent comme une tentative tardive de blanchir son passé.
Plaidoyer pour un « Retour Courageux »
De nombreux activistes estiment que l'artiste de 56 ans s'est rendu à l'État libanais non par faiblesse, mais parce qu'il est « assez fort pour affronter » et revenir avec son art et sa voix, que personne n'a pu faire taire malgré toutes les tentatives.
L'artiste libanais Salah Kourdi a confirmé connaître Fadel Shaker depuis 23 ans, soulignant qu'il n'a « vu que du bien et du respect » de sa part, et n'a jamais douté de la sincérité de ses dires. D'autres activistes ont insisté sur la nécessité d'un soutien judiciaire et médiatique, considérant que son cas met en lumière les contradictions de la justice au Liban, et que sa reddition pourrait faire suite à des arrangements légaux ouvrant la voie à son acquittement.
Des journalistes ayant couvert les événements d'Abra en 2013 ont confirmé que Shaker « n'a pas tiré une seule balle sur les soldats de l'armée » et a quitté le lieu des affrontements dès le début. Des blogueurs ont questionné la justice au Liban, se demandant comment une personne pouvait être condamnée injustement sans que le juge ayant prononcé le jugement ne soit tenu responsable. Ils anticipent un retour artistique très fort. L'affaire Abra remonte à juin 2013, lorsque des affrontements meurtriers ont éclaté entre le groupe d'Ahmad al-Assir et des soldats de l'armée, faisant 19 morts parmi les soldats. Ces événements ont conduit à une condamnation par contumace de Shaker en 2020 à 22 ans de travaux forcés, bien qu'il ait été acquitté en 2018 de certaines accusations liées au meurtre de militaires.
Critiques et Opposition Virulente
En revanche, un groupe de blogueurs a jugé la glorification excessive de Shaker « inacceptable », notant que le patriotisme au Liban est souvent influencé par des perspectives sectaires ou personnelles. Ils ont affirmé que toute personne impliquée dans l'incitation ou le soutien à la sédition doit rendre des comptes pour ses actes, l'incitation pouvant être plus dangereuse que le meurtre lui-même.
Les opposants ont ajouté que Shaker « n'était pas un spectateur, mais faisait partie du climat qui a conduit à l'effusion de sang de l'Armée libanaise », ayant joué un rôle artistique et médiatique qui a donné au cheikh arrêté Ahmad al-Assir une légitimité populaire et attiré les gens vers son projet. D'autres ont souligné que la véritable repentance ne se fait pas devant les caméras, mais doit inclure un aveu de culpabilité, un remords sincère et des excuses publiques aux familles des victimes.
L'Avenir Artistique et Judiciaire en Attente
La reddition de Shaker intervient dans un contexte de menaces sécuritaires croissantes et de pressions sociales au sein du camp d'Aïn al-Héloué. En tant qu'artiste qui avait annoncé sa retraite en 2012 avant les poursuites, tous les regards sont désormais tournés vers la justice libanaise pour déterminer son avenir et la possibilité de son retour sur la scène artistique après des années d'isolement. Shaker réclame constamment un règlement légal loin des calculs politiques, laissant la question en suspens : Fadel Shaker ouvrira-t-il une nouvelle page dans sa carrière tumultueuse ?









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