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Madagascar à la croisée des chemins: un coup d’État militaire bouleverse la scène politique et interroge l’avenir

Ces derniers jours, Madagascar a connu des développements spectaculaires qui l’ont plongée dans une nouvelle ère d’incertitude politique, suite à la prise de pouvoir annoncée par l’unité d’élite militaire « CAPSAT » après des semaines de manifestations populaires ayant conduit le parlement à destituer le président Andry Rajoelina pour « manquement à ses devoirs ». Ce tournant intervient dans un contexte économique dégradé marqué par des coupures récurrentes d’eau et d’électricité, la flambée du coût de la vie et une corruption endémique.


مدغشقر بين مفترق طرق: انقلاب عسكري يربك المشهد السياسي ويطرح أسئلة حول المستقبل

Le colonel Michael Randrianirina, chef de l’unité d’élite, a assuré que l’armée dirigerait une phase de transition équitable via la création d’une commission militaire regroupant des officiers de l’armée, de la gendarmerie et de la police, qui sera suivie par la formation rapide d’un gouvernement civil. Randrianirina a souligné que l’objectif principal est de « restaurer l’ordre » et de répondre aux attentes des contestataires. Il promet également des élections dans les 18 à 24 prochains mois, réunissant l’ensemble des forces civiles, syndicales et étudiantes protagonistes des mouvements de protestation.


Les événements rappellent le coup d’État de 2009, tristement célèbre, qui avait porté Rajoelina au pouvoir, aujourd’hui lui-même victime d’une démarche similaire menée par la même unité militaire. La décision parlementaire d’écarter le président a été prise lors d’une session mouvementée où la majorité a appuyé les accusations d’incompétence et de manque de transparence, même si la légalité de la procédure reste contestée.


Dans le même temps, la suspension de la Haute Cour Constitutionnelle accentue la confusion autour du devenir juridique du pays et sur l’engagement des parties à respecter la constitution. Tandis que les foules célèbrent le changement de pouvoir, l’inquiétude enfle, localement comme sur la scène internationale, qu’un vide du pouvoir n’alimente le désordre et de nouvelles fractures.


L’Union africaine s’est déclarée « profondément préoccupée » appelant les militaires à garantir le processus démocratique, alors que des compagnies aériennes européennes prennent des précautions en réponse à la dégradation sécuritaire.


Désormais, Madagascar se retrouve à un tournant de son histoire, entre les aspirations citoyennes au changement et les craintes des élites concernant la stabilité nationale et la perspective d’une transition pacifique. Le pays parviendra-t-il à éviter la spirale des coups d’État récurrents observée ailleurs en Afrique et à ouvrir la voie à une ère de transparence et de participation ? Les prochaines semaines seront décisives pour l’avenir de l’île de l’océan Indien.


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