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Meurtre du Premier ministre houthi : Quelle est l'ampleur de la brèche israélienne ?

Dans un revirement surprenant, le groupe houthi a admis le meurtre de son Premier ministre nommé à Sanaa, Ahmed Al-Rahwi, et de plusieurs de ses ministres. Cette confession est intervenue après des jours de démentis niant toute victime suite aux frappes israéliennes qui ont visé la capitale yéménite. Cette admission soudaine soulève de profondes questions sur l'ampleur de la pénétration du renseignement israélien au sein de la structure de sécurité et politique des Houthis, et sur la possibilité que Sanaa soit entrée dans une phase similaire à celle que le Dahieh à Beyrouth a connue avec le Hezbollah, où les assassinats ciblés sont devenus un outil de confrontation majeur.


مقتل رئيس حكومة الحوثي.. هل هو اختراق استخباراتي غير مسبوق؟


Une admission tardive révèle une confusion interne


L'annonce officielle des Houthis, confirmant la mort d'Al-Rahwi et de plusieurs ministres ainsi que d'autres blessés, a validé la réussite et l'impact douloureux de la frappe israélienne. Par la suite, Mohammed Ahmed Muftah a été nommé nouveau Premier ministre, un geste qui indique une orientation plus intransigeante au sein du groupe. Cette admission, après un démenti initial, révèle un état de confusion interne et une tentative d'atténuer le choc pour leur public. Des sources privées ont confirmé que le raid a ciblé une réunion secrète de hauts dirigeants et que la décision d'exécution a été prise rapidement aux plus hauts niveaux politiques de Tel Aviv, grâce à des informations précises sur l'heure et le lieu de la réunion.


"Sanaa sur la voie du Dahieh" : La phase des assassinats a-t-elle commencé ?


Des observateurs suggèrent que ce qui s'est passé à Sanaa est une réplique du modèle de confrontation qu'Israël a utilisé contre le Hezbollah dans le Dahieh, où il est passé de la cible d'infrastructures à l'assassinat de chefs de terrain et de politiciens. Les rapports israéliens confirment que les frappes militaires contre les Houthis n'ont pas atteint l'effet de dissuasion souhaité, ce qui a poussé Israël à préparer une liste d'assassinats incluant les dirigeants les plus éminents du groupe tels que Abdul-Malik al-Houthi, le chef d'état-major Mohammed Abdul-Karim al-Ghamari, le ministre de la Défense Mohammed al-Atefi et le porte-parole militaire Yahya Saree.


Mesures de sécurité sans précédent


Suite au raid, des sources informées ont révélé à "Sky News Arabia" que des directives houthies strictes ont été émises pour restreindre les mouvements des dirigeants, interdire les grands rassemblements et changer constamment les itinéraires. Un secret absolu a été imposé sur les réunions et l'utilisation des téléphones portables a été interdite, reflétant un état d'anxiété et de suspicion d'une infiltration interne ou d'une fuite délibérée.


La dimension cybernétique : Opération "Pager 2" ?


Le journaliste yéménite Hani Mashhour, s'exprimant sur "Al-Tasea" de Sky News Arabia, a estimé que l'incident dépasse le cadre d'une simple frappe militaire. Il a souligné que des cyberattaques en août ont largement affecté le système de communication au Yémen, ce qui a potentiellement préparé le terrain pour l'opération. Mashhour a comparé l'événement à "Opération Pager 2," faisant référence à l'assassinat passé de dirigeants du Hezbollah dans le Dahieh, soulignant que la frappe a mis les Houthis dans une véritable impasse après qu'ils ont été contraints d'admettre la mort d'une figure aussi importante.


Une vulnérabilité entre arrogance et infiltration


Selon Mashhour, les Houthis, après leurs confrontations avec les États-Unis ces derniers mois, sont entrés dans une phase d'arrogance et d'excès de confiance. Cependant, la récente frappe israélienne a révélé une fragilité de sécurité sans précédent, qui pourrait être due à une infiltration cybernétique sophistiquée ou à une fuite de l'intérieur du groupe lui-même, ouvrant la porte aux soupçons et à la méfiance parmi ses dirigeants.


Les dimensions régionales et internationales


Une analyse plus large suggère qu'Israël n'agit pas dans le vide. Les Houthis représentent actuellement le bras régional le plus actif de l'Iran, surtout après le rôle amoindri des autres mandataires de Téhéran en Syrie, en Irak et au Liban. Si Israël continue de frapper les dirigeants houthis, cela priverait effectivement l'Iran de son dernier levier régional, le poussant à la table des négociations nucléaires depuis une position plus faible. Cependant, ce scénario soulève également des possibilités dangereuses en mer Rouge et à Bab el-Mandeb, où une confrontation directe entre Israël et les Houthis menace la navigation internationale et la sécurité des voies vitales.


La perspective américaine : Washington laissera-t-il la scène à Tel Aviv ?


Mashhour souligne que les États-Unis ne peuvent pas permettre à Israël de s'engager dans une confrontation solitaire au Yémen, par crainte d'une escalade vers une guerre régionale plus large. Il soutient que Washington doit s'impliquer directement dans la sécurité de la mer Rouge en dirigeant une coalition internationale similaire à celle qui a affronté Daesh en Syrie et en Irak. Il affirme que toute confrontation avec les Houthis ne serait pas seulement une bataille de sécurité, mais prendrait des dimensions politiques, économiques et stratégiques majeures.


La leçon yéménite : Une opportunité pour le gouvernement légitime


L'écrivain yéménite a appelé à tirer parti de cette frappe pour relancer les fronts yéménites, soulignant l'existence de forces fidèles au gouvernement légitime à Marib et sur la côte ouest, ainsi que les brigades des Géants du Sud. Il pense que la frappe israélienne pourrait donner un élan à ces forces si elles reçoivent un soutien aérien et politique de Washington, ce qui pourrait ouvrir la voie à un rééquilibrage interne au Yémen.


Après la frappe : Des "loups solitaires" ?


L'un des scénarios les plus dangereux est la transformation potentielle des Houthis, en cas d'effondrement de leur direction centrale, en petits groupes agissant comme des "loups solitaires" à l'image d'Al-Qaïda ou des Al-Shabaab en Somalie. Si ce scénario se matérialise, il pourrait exacerber le chaos sécuritaire et compliquer toute tentative de trouver une solution politique au Yémen.


L'Iran et le projet nucléaire : un point de non-retour ?


Des observateurs lient l'escalade contre les Houthis à la trajectoire du dossier nucléaire iranien. L'axe iranien chancelant sur plusieurs fronts, Téhéran semble s'accrocher plus fermement à son programme nucléaire comme sa dernière carte. On pense qu'une frappe significative contre les Houthis pourrait être un prélude à une pression directe sur l'Iran lui-même, ouvrant potentiellement la voie à une nouvelle phase de confrontation sur son projet nucléaire, qu'il considère comme une question existentielle.

La frappe israélienne qui a coûté la vie au Premier ministre houthi et à d'éminents ministres n'était pas une simple opération militaire ; elle a marqué un changement qualitatif dans les règles d'engagement. Elle a révélé la fragilité de la structure de sécurité d'un groupe qui se considérait longtemps comme à l'abri des infiltrations et a ouvert la porte à une phase d'assassinats qui pourrait changer la donne du conflit au Yémen et dans la région. Cependant, le plus dangereux est que ces développements surviennent dans un contexte régional surchauffé, où les calculs d'Israël, des États-Unis, de l'Iran et de la mer Rouge se croisent, faisant de Sanaa un terrain d'essai majeur pour l'avenir des équilibres au Moyen-Orient.



 
 
 

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