Sommet de la sécurité en Chine : un nouvel axe contre l'influence américaine ?
- Next News
- 1 sept. 2025
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Le président russe Vladimir Poutine se rend en Chine pour la deuxième fois, mais cette visite est d'une importance capitale. Pour la première fois depuis l'invasion de l'Ukraine, Poutine ne visite pas son principal allié chinois, Xi Jinping, en tant que leader encerclé par les sanctions occidentales, mais en tant que dirigeant mondial sur un pied d'égalité avec le président américain Donald Trump, la première puissance économique et militaire mondiale et le principal rival de la Chine.

Ce voyage en Chine est une victoire diplomatique pour Poutine, qui est revenu récemment d'Alaska après une réception officielle par Trump sur le sol américain. Lors de cette rencontre, Poutine a réussi à convaincre Trump d'abandonner ses exigences de ne pas lancer de frappes sur l'Ukraine et de cesser ses menaces de nouvelles sanctions contre la Russie.
En Chine, Poutine sera accueilli en grande pompe lors du sommet de l'Organisation de coopération de Shanghai qui se tiendra à Tianjin. Plus d'une douzaine de dirigeants régionaux y participeront, dont le leader nord-coréen Kim Jong Un et le Premier ministre indien Narendra Modi, dont la relation avec Pékin et Washington est complexe. Un grand défilé militaire sera organisé à Pékin mercredi pour commémorer le 80e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale.
Ces événements soulèvent des questions sur la formation d'une alliance mondiale forte contre l'hégémonie américaine et la réactivation du bloc Russie-Inde-Chine (RIC), resté en sommeil pendant cinq ans. Avec l'escalade des guerres commerciales entre Washington et Pékin, la nécessité d'activer cet axe stratégique semble de plus en plus pressante.
Trump échoue à diviser Poutine et Xi Jinping
Les experts estiment que la visite de Poutine en Chine vise à démontrer "l'amitié sans limites" entre les deux pays et à montrer que les tentatives de Washington pour semer la discorde échoueront. Contrairement aux années 1970, lorsque le secrétaire d'État américain de l'époque, Henry Kissinger, a réussi à arracher la Chine à l'influence soviétique, les relations entre Moscou et Pékin sont aujourd'hui solides et profondes.
Pierre Andreau, expert en relations sino-russes, affirme que la pression commerciale exercée par l'administration Trump renforce l'axe russo-chinois et que les tentatives de ce qu'on appelle un « Kissinger inversé » n'ont donné aucun résultat concret.
Le partenariat entre la Russie et la Chine est bien plus complexe que Washington ne le pense. La Chine est devenue le principal acheteur d'énergie russe et le principal fournisseur de voitures et d'autres biens après le retrait des entreprises occidentales. Le conflit en Ukraine a également renforcé les liens idéologiques entre les deux pays, qui partagent une opposition au libéralisme occidental et à l'hégémonie américaine.
L'Inde : un élément complexe dans l'alliance potentielle
L'Inde est un facteur compliqué dans cette alliance potentielle en raison de ses relations complexes avec Pékin et Washington. La rencontre entre Xi Jinping et Modi en marge du sommet est un événement important, car c'est la première fois que Modi se rend en Chine depuis sept ans, surtout après les affrontements frontaliers de 2020.
Cependant, la situation économique dégradée de l'Inde a changé la donne. Les tarifs douaniers élevés imposés par Trump sur les produits indiens, en représailles à ses achats continus de pétrole russe, semblent pousser les anciens rivaux à se rapprocher. Xi Jinping a déclaré à Modi que la Chine et l'Inde devraient être des partenaires, et Modi a affirmé qu'il y a maintenant une "atmosphère de paix et de stabilité" entre les deux pays.
Modi a également confirmé que les vols entre les deux pays reprendraient, sans donner de date précise. Xi Jinping a souligné que les deux parties devraient "gérer leur relation dans une perspective stratégique à long terme", affirmant que "le fait d'être amis est le bon choix pour les deux."
Vers un nouvel "axe des autocraties" ?
Les experts estiment que la réactivation d'une alliance tripartite efficace, comprenant certaines des plus grandes économies du monde, aux côtés de groupes comme les BRICS, permettrait de faire face à l'influence américaine croissante. Cependant, l'Inde doit maintenir un équilibre politique délicat et résoudre des problèmes de confiance profonds avec la Chine, notamment en raison des tensions frontalières et de la relation de la Chine avec le Pakistan.
La scène générale de cette semaine est difficile à ignorer. Poutine, Kim Jong Un et le président iranien Masoud Pezeshkian devraient assister au défilé militaire de Pékin aux côtés de 23 autres chefs d'État. Cet événement minutieusement planifié mettra en scène des dizaines de milliers de soldats marchant sur la place Tian'anmen.
Neil Thomas, expert des affaires chinoises, se demande si cette rencontre représente "le premier sommet d'un axe des autocraties". Il pense qu'une telle union est peu susceptible de durer en raison des objectifs divergents et du manque de confiance mutuelle entre les membres. Selon Thomas, la présence de Poutine, Pezeshkian et Kim Jong Un souligne le rôle de la Chine en tant que puissance autocratique mondiale de premier plan. Ainsi, les événements de cette semaine en Chine pourraient être une démonstration de force, non pas tant pour les alliances comme l'OCS, le RIC et les BRICS, mais pour affirmer la centralité de la Chine dans toute alliance future.









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