Tempête diplomatique : une frappe israélienne à Doha force le Qatar à reconsidérer son rôle et à remodeler les alliances régionales
- Next News
- 11 sept. 2025
- 3 min de lecture
Selon un rapport du Wall Street Journal, citant de hauts responsables de l'administration américaine, une frappe israélienne ciblant des dirigeants du Hamas à Doha a déclenché une tempête diplomatique. Cet événement sans précédent a mis à rude épreuve les relations entre Israël et ses alliés, en particulier les États-Unis, et a incité le Qatar à reconsidérer son rôle de médiateur régional. L'attaque, survenue 23 mois après le début de la guerre dévastatrice à Gaza, a révélé de profondes divergences dans les alliances et a jeté une ombre sur les efforts de désescalade en cours.

Détails de deux appels "tendus" entre Trump et Netanyahou
Le rapport fournit un compte rendu détaillé de deux appels téléphoniques entre le président américain Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou après l'attaque. Lors du premier appel, que le Wall Street Journal a décrit comme "tendu", Trump a exprimé son mécontentement face à la décision israélienne, la qualifiant de "peu sage". Selon le journal, Netanyahou a défendu ses actions en affirmant qu'il avait eu une "fenêtre de tir courte" pour mener les frappes et qu'il avait saisi cette occasion.
Le second appel, qui a eu lieu plus tard le même jour, était apparemment plus amical. Trump a demandé à Netanyahou si la frappe avait été un succès, suggérant que la conversation était passée d'une réprimande à une évaluation opérationnelle. Ce contraste de ton met en évidence la relation complexe entre les deux dirigeants, qui semble osciller entre la coordination stratégique et le désaccord tactique.
Un avertissement israélien direct au Qatar et une défense des assassinats ciblés
Les actions de Netanyahou ne se sont pas limitées à la frappe militaire. Il a adressé un avertissement public et direct au Qatar, lui demandant "soit d'expulser les responsables du Hamas, soit de les traduire en justice". Dans un message vidéo, il a ajouté : "Sinon, nous le ferons nous-mêmes". Ces déclarations, qui signalent une politique d'assassinats extrajudiciaires, ont été reprises par le ministre israélien de la Défense, Yisrael Katz. Ce dernier a affirmé que "le bras long d'Israël agira contre ses ennemis partout", soulignant qu'"il n'y a pas d'endroit où ils peuvent se cacher". Il a également lié le sort des dirigeants du Hamas à l'avenir de Gaza, déclarant que s'ils n'acceptaient pas les conditions d'Israël pour mettre fin à la guerre, "ils seront anéantis et Gaza sera détruite".
Réponse qatarie furieuse : "Nous avons été trahis"
La réponse du Qatar a été rapide et violente. Dans un communiqué au ton ferme, Doha a qualifié les propos de Netanyahou de "téméraires". Le Premier ministre qatari Mohammed bin Abdulrahman Al Thani a condamné l'attaque, déclarant : "Je n'ai pas de mots pour exprimer à quel point nous sommes en colère contre cette agression. C'est du terrorisme d'État. Nous avons été trahis." Le Qatar a affirmé que l'attaque "effrontée" de Netanyahou visait à "saper toute chance de stabilité et toute chance de paix". Doha a également rappelé que la présence des dirigeants du Hamas était "publiquement connue" à la fois des Israéliens et des Américains dans le cadre de son rôle de médiateur bien établi. Le Qatar a considéré l'attaque comme une violation flagrante de sa souveraineté et une tentative claire de saboter ses efforts de médiation.
Positions internationales contradictoires et une réévaluation qatarie
La frappe israélienne a suscité une large condamnation internationale. La Russie l'a dénoncée comme une "violation qui compromet les efforts de paix", tandis que la Chine s'y est fermement opposée, la considérant comme une "violation de la souveraineté et de la sécurité nationale du Qatar". La Jordanie l'a qualifiée d' "agression israélienne lâche" qui menace la sécurité régionale. Même le Canada, un allié traditionnel d'Israël, a annoncé qu'il "réévaluait" sa relation.
De son côté, le Hamas a confirmé que ses dirigeants avaient survécu à la frappe, mais que six personnes, dont le fils du négociateur en chef Khalil Al-Hayya et un agent de sécurité qatari, avaient été tuées. Le Hamas a qualifié l'attaque de "crime odieux" et de "violation flagrante de toutes les normes et lois internationales".
Ces développements ont conduit le Qatar à sérieusement envisager de reconsidérer son rôle de médiateur clé dans les pourparlers de trêve. Dans une interview accordée à CNN, le Premier ministre qatari a exprimé sa frustration, accusant Netanyahou de "perdre son temps". Il a souligné que son pays était en "conversation très détaillée" avec Washington et "réévaluait tout" ce qui concernait sa future participation aux pourparlers de cessez-le-feu. Il a ajouté que la frappe avait "tué tout espoir" pour la libération des otages.
Le Qatar, qui abrite une importante base militaire américaine, a travaillé sans relâche avec l'Égypte et les États-Unis pour servir de médiateur entre Israël et le Hamas. La frappe israélienne semble avoir gravement compromis ses efforts diplomatiques, soulevant des questions sur l'avenir de la médiation qatarie, d'autant plus que Doha a menacé d'exercer son "droit de réponse" à cette attaque.









Commentaires