Une journaliste quitte Reuters en signe de protestation contre la complicité de l'agence dans la couverture des événements à Gaza
- Next News
- 26 août 2025
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La photojournaliste Valérie Zinkerenk, qui a travaillé pendant huit ans en tant que correspondante indépendante pour l'agence Reuters, a annoncé sa rupture avec l'agence pour protester contre ce qu'elle a décrit comme la complicité des médias occidentaux dans la légitimation et la perpétuation du ciblage des journalistes palestiniens dans la bande de Gaza. Dans sa déclaration, elle a souligné que ses œuvres photographiques des Prairies canadiennes étaient apparues dans des journaux et sur des plateformes internationales, mais que les derniers développements l'ont poussée à prendre cette décision difficile.

Le rôle des médias dans la couverture du conflit
Zinkerenk a critiqué les politiques éditoriales suivies par Reuters, notamment après l'assassinat du journaliste palestinien Anas Al-Sharif et de l'équipe de la chaîne Al Jazeera à Gaza le 10 août. Elle a expliqué que l'agence a choisi de publier des allégations non vérifiées émises par les autorités israéliennes selon lesquelles Al-Sharif était affilié au Hamas, considérant cela comme une répétition d'une série d'informations inexactes diffusées par les médias sans vérification.
Le ciblage des journalistes à Gaza
Zinkerenk a souligné que les "attaques doubles", où les installations civiles telles que les hôpitaux et les écoles sont ciblées deux fois de suite en présence de secouristes et de journalistes, ont entraîné la mort de cinq journalistes supplémentaires, dont le photographe de Reuters Hussam Al-Masry. Elle a également estimé que la poursuite de la republication des allégations israéliennes par les médias occidentaux sans vérification a contribué au ciblage systématique des journalistes, accusant les institutions journalistiques occidentales de partialité et de manquement à leur devoir de protéger les journalistes locaux et internationaux.

La responsabilité des médias occidentaux
Zinkerenk a cité les déclarations de journalistes éminents, tels que Jeremy Scahill de Drop Site News, qui a accusé les médias américains et britanniques de soutenir les récits de propagande israélienne et d'occulter les faits des crimes humanitaires contre les civils et les journalistes à Gaza. Elle a également souligné que le nombre de journalistes décédés à Gaza au cours des deux dernières années a dépassé le nombre de victimes des grandes guerres du XXe siècle, soulignant que le mépris de la responsabilité sociétale et journalistique a conduit à des catastrophes humanitaires sans précédent.
L'abandon des journalistes locaux et internationaux
Zinkerenk a critiqué l'incapacité de Reuters à défendre Anas Al-Sharif bien qu'il ait reçu le prestigieux prix Pulitzer pour son travail journalistique. Elle a affirmé que l'agence n'a pas montré de soutien aux journalistes palestiniens malgré les menaces explicites qu'ils ont reçues des autorités israéliennes et a ignoré leurs appels aux médias internationaux pour demander une protection.
La décision de démissionner et le message
Zinkerenk a conclu sa déclaration en annonçant sa décision de démissionner de son travail avec Reuters, estimant que porter une carte de presse représente désormais un sentiment de honte et de tristesse face à ce que subissent les journalistes à Gaza. Elle a souligné sa détermination à orienter ses futures contributions médiatiques vers la défense des causes des journalistes persécutés et à immortaliser leur courage et leurs sacrifices sur le terrain.
Tout en étant pleinement engagée envers la neutralité et l'objectivité, cette déclaration reflète le point de vue de la journaliste et la réalité des défis médiatiques et politiques auxquels sont confrontées les institutions journalistiques occidentales dans la couverture de la crise humanitaire à Gaza.









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